Inner City de Jean-Marc Ligny, un futur pas si éloigné que ça…

actusf inner city lignyJe ne suis clairement pas un grand fan de littérature S-F, loin de là. En dehors  de quelques ouvrages (comme lecycle Fondation d’Isaac Asimov que j’ai commencé et plutôt apprécié, du sensationnel « Eternity Incorporated » de Raphaël Granier de Cassagnac et des livres troublants de Dominique Douay pour ne citer qu’eux)j e ne m’aventure pas tellement dans ce genre. Pourtant, pourtant on peut tomber sur quelques livres qui ont le mérite de donner envie de se plonger dans ce genre littéraire et c’est le cas d’Inner City de Jean-Marc Ligny publié dans la collection Hélios poche par les Indés de l’Imaginaire et sur choix de l’éditeur ActuSF – pour ma version.

En quelques années, Paris est devenue une ville fantôme. Ses derniers habitants sont plongés en permanence dans les réalités virtuelles, bien protégés par une enceinte qui garde à l’extérieur, en banlieue, les pauvres et les miséreux. Mais leur vie dorée est menacée par un tueur agissant dans la Haute Réalité tandis que de l’autre côté du périf, la révolte gronde.
Dans ce climat explosif, Hang traque les scoops les plus sanglants pour mieux les injecter (et les vendre) dans ces mondes virtuels pendant que Kriss enquête pour neutraliser ce serial killer…
Roman cyberpunk clef dans la science fiction française et dans la bibliographie de Jean-Marc Ligny (AquaTM, La Saga d’Oap Täo…), Inner City est une nouvelle preuve de l’engagement de son auteur. Il a été couronné à sa sortie par le Grand Prix de l’Imaginaire.
Jean-Marc Ligny nous offre une oeuvre romanesque d’une crédibilité sans faille. Une fois les termes techniques associés au genre qu’est la Science-Fiction, avec ceux propres au monde imaginé par l’auteur et c’est un véritable régal qui s’offre pour le lecteur.
Il arrive à mélanger pas mal de genre dans un seul et même roman. Si la S-F a une part déterminante dans son oeuvre, c’est également une course-poursuite folle avec plusieurs retournements de situation qui nous conduit à un roman policier. La traque de l’assassin dans la réalité virtuelle est palpitante, sans cesse renouveler sans nous perdre. Jean-Marc Ligny réussit a nous embourber dans diverses situations, nous faisant cogiter sur la personne se cachant derrière les meurtres tel un grand auteur de policier.
L’éditeur parle d’un roman cyberpunk, il est vrai que l’atmosphère dépeint dans ce livre est en total raccord avec cette description mais je pense qu’il est plus qu’un simple roman cyberpunk : c’est un pur roman d’anticipation. Peut-être pas aussi poignant qu’un 1984 de George Orwell mais dans la même lignée. Il suffit de voir les avancées technologiques – notamment concernant les casques de réalité virtuelle – et la société évoluant de manière fulgurante en terme de surveillance pour se dire que ce roman S-F pourra être ressorti dans quelques dizaines d’années comme un roman critiquant l’actualité.  C’est l’une des grandes forces de ce roman que de nous transporter dans un univers de science-fiction faisant directement écho à notre réalité actuelle.
L’intrigue est prenante, non poussive. Les pages défilent à vitesse grand V tout en nous tenant en haleine continuellement. Si j’ai un regret c’est sur l’évolution de la relation Kris-Hang que je trouve peut-être trop succinte, trop hâtive. Si vous vous laissez tenter, vous comprendrez aisément pourquoi.
Autrement, il n’y a rien à redire. Tout est ficelé comme il faut, les personnages se tiennent, l’univers est crédible et l’ensemble dispose d’une symbiose parfaite.
A la fin de ce roman, on pense en être venu à bout, avoir démêlé le vrai du faux mais la fin m’a laissé pantois. Surprenante et qui mérite une suite tellement les imbrications des dernières pages nous laissent un goût d’inachevé et d’envie d’en apprendre plus sur ce monde ô combien prenant !
Quant à la plume de Jean-Parc Ligny, c’est quelque chose qui mérite d’être découverte. Une multitude de thèmes se bouscule dans ce simple roman : la perception de la réalité avec le virtuel, l’idéalisation de nos sentiments par le biais des technologies, la lutte des classes, le choc de deux « civilisations » dans un même pays avec les chapitres sur la Bretagne peu imprégné par la technologie en contraste avec ce Paris imaginé ultra-connecté et surveillé. Et, j’ai l’impression de me répéter, cet ensemble fait un drôle d’écho avec l’évolution de notre société actuel qui veut toujours plus de technologies mais aussi toujours plus de surveillances vis-à-vis de ces dernières. Et dire que ce roman est paru initialement en 1996… Grandiose !
Inner City est un roman à lire et à découvrir, surtout si vous aimez le genre S-F. Si ce n’est pas le cas mais que 1984 de George Orwell vous a intéressé, il en sera de même pour cet ouvrage de Jean-Marc Ligny. C’est un ouvrage maîtrisé de bout en bout !
Et voici la petite citation du livre qui m’a plu :
« L’essentiel est invisible pour les yeux » – page 316.
Alexandre.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s